Atelier d’écriture à Venelles et Aix en Provence

Barbara Feillant

Barbara FEILLANT anime depuis de nombreuses années l’atelier d’écriture de la MJC de Venelles.

Diplômée de l’Université de Provence, en Formation et Animation d’Ateliers d’Ecriture.

Travaillant depuis toujours dans le domaine de l’écriture, elle connaît bien ce qu’elle vous propose de découvrir avec elle. 

« Chaque personne est une armoire pleine d’histoires. Il suffit d’ouvrir les tiroirs ».

Tahar Ben Jelloun

Vous écrivez et vous aimeriez partager cette passion avec d’autres.

Vous n’écrivez pas, mais vous en rêvez depuis longtemps.

Notre atelier d’écriture répond à vos désirs !

Comment solliciter son imaginaire ?

Comment raconter une histoire ?

Comment évoluer dans sa propre écriture ?

Ce sont là quelques une des questions que nous nous proposons d’aborder avec vous.

Dans une ambiance toujours chaleureuse, et par le biais de propositions d’écriture toujours différentes, nous explorerons ensemble les secrets de la fiction et de la narration.

Durant la période de confinement, l’atelier d’écriture continue de nous raconter de belles histoires !!

SUR UN INCIPIT DE CÉLINE, IMAGINER UNE HISTOIRE CONTENANT UN ESCARGOT.

Un raisonnement erroné

« Ça a débuté comme ça. » L’escargot était à l’abri sous une feuille, quand l’envie lui prit de pointer le bout de son nez. Sa mère l’avait mis en garde, autrefois, contre les humains qui battaient la campagne pour ramasser leurs congénères. Elle ne savait pas ce qu’ils en faisaient, mais on ne les revoyait jamais, lui avait-elle dit. Quoi qu’il en soit, il avait faim et l’averse tombait dru. Il jugea donc qu’il ne prenait pas grand risque à sortir de sa cachette et commença à se déplacer.

Il glissa d’abord doucement sur une large nervure, tâtant précautionneusement le terrain de ses tentacules. Puis il se hissa sur une longue tige, dont l’ascension se révéla particulièrement éprouvante, et tomba finalement au cœur d’une magnifique fleur jaune vif. Un soleil, pensa-t-il. Cependant, contrairement à l’astre qu’il n’aimait pas beaucoup, il trouva la belle à son goût une fois qu’il eut passé sa langue sur sa corolle. Elle avait une saveur sucrée fort agréable. Il entreprit de se restaurer, découpant de ses petites dents un pétale, qui ne tarda pas à ressembler à de la dentelle.

Le temps s’éclaircissait peu à peu, l’escargot mangeait toujours. Soudain, une ombre passa. Deux énormes doigts le saisirent dans leur pince et le jetèrent au fond d’un panier tressé. Il tomba et se cogna contre la coquille d’autres imprudents. Un instant sonné, il reprit bien vite ses esprits et, se souvenant des mots de sa mère, eut peur. Cependant, une bonne odeur lui parvenait. Cela venait d’en dessous. Il se fraya un passage entre ses semblables et atteignit l’odoriférante plante. Tout en se délectant de thym, il se moqua des anciens et de leurs fausses croyances. Il savait à présent pourquoi les escargots prélevés ne revenaient jamais. C’était parce qu’ils étaient bien nourris ! Brigitte

Souvenirs de lecture

Ça a débuté comme ça : il n’avait pas plu depuis plus d’un mois, et la ville n’était qu’une pierre brûlante au soleil. Le matin très tôt on voyait quelques femmes, un fichu sur la tête, se hâter vers l’échoppe du boulanger ou du boucher, puis rentrer chez elles sans perdre de temps, en prenant soin de marcher à l’ombre. Ces quelques instants étaient suffisants pour échanger les nouvelles du jour : Lucette, qui travaillait chez les Soubeyran, et le vieil Antoine avaient passé pendant la nuit. On parlait à voix basse, on chuchotait les noms, la peur montait d’un cran. Depuis que la grande peste était arrivée de Marseille, tous ceux qui le pouvaient, les bourgeois, les rentiers, se cloîtraient chez eux. Les plus riches avaient rejoint leurs bastides aux environs. En ville restaient les petites gens, les traîne-la-faim, les ouvriers et les petits commerçants. Comme si ce châtiment n’était pas suffisant, Dieu leur envoyait aussi un été de fournaise, qui laissait tous les soirs ce peuple de travailleurs épuisés, pantelants. Demain cet enfer va finir pensa-t-elle, je quitterai la ville moi aussi, je m’allongerai dans l’herbe fraîche, et quand j’ouvrirai les yeux, un escargot glissera doucement sur une belle feuille verte. Marguerite

Saveurs des champs

Ça a débuté comme ça : un escargot parmi les plantes fraîchement poussées. Un escargot curieux et gourmand qui hausse le cou pour mieux choisir sa nouvelle victime : la feuille vert tendre tout juste sortie, cette autre vert anglais, plus craquante peut-être, ou un dessert agrémenté de ces pétales jaune citron… L’escargot promène sa coque dorée indolemment sans se douter qu’une main innocente et cruelle va bientôt le cueillir avec les fleurs qu’il convoitait quelques instants plus tôt.

L’enfant aux yeux vert d’eau, le regarde, intrigué et amusé par ce gastéropode. Avec un brin d’herbe, il lui taquine le ventre. L’escargot chatouilleux n’en pouvant plus de se tordre de rire se terre dans sa coquille. Alors, plus du tout amusé, le terrible enfant décide de le jeter dans son panier à salade. « Tu es bon pour la casserole », dit-il. Jacqueline

En direct de l’Eden

Ça a débuté comme ça, au premier matin du monde dans le jardin d’Eden. Avec Eve on avait décidé de faire nous même un potager afin de soulager Dieu aux prises avec l’immense travail de création qu’il avait entrepris. N’étant pas des experts car habitués à nous laisser vivre – il suffisait de tendre la main pour attraper une pomme ou autre délice mis à notre disposition –, nous avions semé des graines un peu au hasard…

Un matin que nous allions nus, libres et joyeux nous découvrîmes une fleur jaune perdue dans un foisonnement de feuilles hétéroclites… Ça, un légume ? Nous étions un peu dépités. En nous penchant plus près du sol nous vîmes une bestiole étrange qui portait sur son dos une coquille ; elle se déplaçait en glissant et en agitant alternativement ses deux tentacules.

J’étais fasciné, Eve restait dubitative. Elle se méfiait. Je voulus montrer à ma femme que la bestiole était inoffensive. Je l’attrapai et la laissai répandre sur ma main sa bave gluante. Je poussai même la curiosité jusqu’à gouter cette texture inconnue… pas très agréable. Après avoir déposé l’animal au milieu des feuilles, j’embrassai ma compagne et la pris par la main pour notre promenade quotidienne

Quelques jours plus tard j’étais terrassé : maux de tête, fièvre, courbature. Eve aussi fut atteinte. En voyant cela Dieu entra dans une grande colère. Béatrice

Relation toxique

Ça a débuté comme ça. Il a commencé à me reprocher mes goûts vestimentaires, puis ma coiffure. Il a ensuite critiqué mes amis, mes collègues. Il a dénigré mon travail, mes loisirs. Je me suis repliée dans ma coquille. J’ai courbé l’échine. J’ai changé ma garde-robe, ma coupe de cheveux. J’ai perdu mon travail, mes relations. Je me suis enfermée dans la maison. J’ai tout fait pour le satisfaire. Mais ce n’était jamais assez. Il m’humiliait, me rabaissait.

Un soir, il m’a jetée dehors. J’ai atterri dans le jardin, dans un massif de fleurs.

Alors, je suis sortie de ma coquille, j’ai redressé la tête, j’ai humé les fleurs et j’ai dit : « Stop ! J’en ai assez bavé ». Et je suis partie battre la campagne, avant de finir dans une casserole, en persillade, avec mes congénères : les gastéropodes.

C’est comme ça que ça s’est terminé. Nicole

L’aventure d’un escargot

Ça a débuté comme ça. Un gastéropode amoureux à la coquille nacrée s’aventura dans le jardin des délices. C’était le premier jour du printemps. La rosée coulait encore dans les nervures d’une feuille marbrée comme un élixir de jouvence. Des calices dorés recueillaient l’ambroisie du matin et notre explorateur aux tentacules dressés se délectait de cette transparence.

Si vous voulez poursuivre l’aventure de notre personnage, peut-être le dénicherez-vous dans un coin d’une toile du Douanier Rousseau. Noëlle

Mais aussi de point et de virgule !

Les poings du point

Fait divers : un point a violemment frappé la virgule avec laquelle il formait pourtant un couple fusionnel depuis de nombreuses années. D’après les phrases voisines, rien ne pouvait prévoir cet accès de violence grammaticale. Bien sûr, la virgule, dominée par le point, avait dû jusqu’à présent se soumettre à l’autorité de ce maître de la ponctuation, celui qui sait quand il faut marquer la fin d’une phrase, qui n’accepte aucun compromis.

Jusqu’ici la virgule, petite chose fragile, se contentait de séparer discrètement les mots, pas toujours utile, mais parfois indispensable pour affirmer le sens d’une phrase.

Le point, sûr de son pouvoir masculin sur la petite virgule féminine, ne pensait pas qu’elle pouvait se rebeller. Mais un jour, au détour d’une belle phrase, elle l’avait repoussé, exigeant de rester seule pour séparer deux propositions.

C’est à ce moment-là que le drame a éclaté : « Inadmissible » s’est écrié l’orgueilleux point, et comme elle redressait la tête, il l’avait frappée violemment, l’écrasant de son gros poing noir.

La victime n’a pas pu porter plainte, elle a disparu sous la violence du choc… Marie-Françoise

Point et virgule, un couple fusionnel

Fait divers : un point a violemment frappé la virgule avec laquelle il formait pourtant un couple fusionnel depuis de nombreuses années. D’après les phrases voisines, depuis un certain temps ils avaient de longues discussions sur leur emploi. Ils croyaient remarquer que les utilisateurs de l’écriture les négligeaient de plus en plus et ils cherchaient désespérément la cause de cette relégation. Le point disait que le niveau de l’écrivain moderne avait bien baissé, la virgule, elle, prétendait que la rapidité des messages expédiés empêchait le positionnement juste du point-virgule.

Puis, au fil des jours, les dissensions s’étaient faites plus âpres, le point et la virgule avaient supprimé lors de leurs échanges les guillemets et les parenthèses pour user voire abuser de points d’exclamation acerbes et de points d’interrogation vengeurs. Durant leurs disputes, on reconnaissait la voie aiguë de la virgule dont les voyelles montaient vite en gamme, tandis que le point consonnait plus volontiers comme s’il n’avait pas voix au chapitre. Il avait pourtant plus souvent qu’auparavant des expressions définitives pour mettre la virgule à la ligne en lui imposant des points de suspension…

Dernièrement la virgule eut recours à un mot qui fit sursauter le point : « indépendance » dit-elle entre deux tirets. On dit que la réaction fut immédiate, il récupéra le point du i et le lança à la virgule qui trouva refuge derrière deux points amis. La virgule alors clama entre guillemets « autonomie ». Le point parla de divorce et se montra à nouveau violent en frappant la virgule. Depuis la justice s’est emparée de l’affaire, le point et la virgule ont été jugés séparément et condamnés à ne plus vivre sous le nom commun « point-virgule » et à une utilisation séparée avec liquidation de leur emploi pluriel. Paul Louis

Entre Point et Virgule…

Une nouvelle vient de tomber sur nos écrans.

Branle-bas de combat aux Editions Le point du Jour : lors de l’impression du nouveau roman de J.M.C., dernier Prix Goncourt, un point, qui n’était pas final, a subitement jailli d’une ligne du texte pour aller frapper la virgule avec laquelle il formait un couple fusionnel depuis de nombreuses années. D’après les phrases voisines, ledit point, tout enflé et noir de fureur, aurait enjambé, en les bousculant au passage, les mots qui l’entouraient, faisant valser d’un coup de son point énergique la légère virgule qui, de concert avec lui, ponctuait une longue et bucolique description.

« Je ne supporte plus cette cohabitation déséquilibrée, aurait-il lancé à la victime. Ton insignifiante présence ne peut s’accorder avec mon autorité naturelle, confirmée par l’entourage des lettres majuscules qui m’escortent dès que je retrouve mon indépendance ! Je te répudie. »

La malheureuse virgule, ulcérée, tenta de se faufiler entre deux adjectifs compatissants.

Aux dernières nouvelles, l’auteur, alerté, s’apprête à remettre bon ordre à tout cela. Monique

Fait divers

Un point a violemment frappé la virgule avec laquelle il formait pourtant un couple fusionnel depuis plusieurs années. D’après les phrases voisines, il s’agirait d’une dispute qui a commencé dès le début du texte. L’auteur-narrateur multipliait les phrases courtes. Sujet, verbe, complément s’enchaînaient, semant les points les uns après les autres. Les points s’en sont enorgueillis. Certains se sont même regroupés en points de suspension et réclament des privilèges.

Aux dernières nouvelles, les virgules revendiquent leur place : « Sans nous la phrase est plate et ennuyeuse, qu’en sera-t-il des adjectifs, des adverbes, des compléments circonstanciels et bien d’autres… ? » interroge une virgule affublée d’un gilet jaune.

On comprendra que dans ce contexte, l’ambiance est très tendue chez les points-virgules. Leur président voulant calmer le jeu a fait appel à l’Académie française. L’assemblée a décidé qu’il fallait terminer cette querelle et a mis l’accent sur l’inconvenance d’un tel comportement. « Point n’est besoin de s’exciter de la sorte, s’est exclamé le président ! ». Cependant le point et la virgule sont partis chacun de leur côté, ce que nous regrettons.

Force est de constater que les séparations des points et des virgules sont de plus en plus fréquentes et les points-virgules de plus en plus rares.

Quant à l’auteur du texte, il a fait exploser les ventes. Un point, c’est tout ! Jacqueline

L’atelier d’écriture participe en juin de chaque année, au Petit Pont des Arts, manifestation de la MJC de Venelles : un beau moment de partage et de créations toujours renouvelé.

Mots et notes entrelacés !

Le temps suspendu arrêté !

Un même bonheur cadencé !

Juste un instant d’éternité !

Une partie des participants à l’atelier d’écriture, qui nous ont fait lecture de leurs textes, accompagnés par la guitare classique de Myriam CORDARO. Un pur moment de poésie !!

Les manifestations du Petit Pont des Arts sont ouvertes à tous. N’hésitez pas à pousser la porte de la voûte Chabaud !!

  • Horaires : un Mardi sur deux de 14h00 à 16h00 pour adultes (dans les locaux de la MJC)

Voir les tarifs sur la page infos pratiques.

Les participants de l’atelier d’écriture viennent également des environs de Venelles, Meyrargues situé à 6 minutes, Peyrolles situé à 15 minutes, Le Puy Sainte Réparade également à 15 minutes, Aix-en-Provence situé à 12 minutes, Puyricard également à 12 minutes et Aix les Platanes à 7 minutes.